La famille de Mélanie

Les familles de Mélanie et Maximin étaient loin d’être des familles « cadrées ».
Nous savons que Maximin était orphelin de mère ; sa marâtre se souciait peu de lui. Monsieur Giraud, après bien des résistances, a fini par être « remué » par l’expérience de son fils.
Nous allons maintenant essayer de cerner quelle était la famille de Mélanie.

La famille de Mélanie

Signe de l’origine très populaire de la famille de Mélanie : le flou qui entoure son nom. De « Calvat » et de « Mathieu », qu’est-ce qui est nom de famille ? Surnom ? Mystère !
Dans le registre des baptêmes de Corps, Mélanie et son frère aîné Joseph sont inscrits sous le nom de Mathieu ; les enfants puînés y portent le nom de Calvat (ou Calva, Calvas).
Leur père, Pierre Calvat (ou Mathieu), né à Corps en 1802, était un enfant naturel.
Leur mère, Julie Barnaud, était née en 1803 à Séchilienne, bourg sur le Drac, en amont de Vizille, cette ville où l’on vit les premiers signes annonciateurs de la Révolution française.
Le mariage civil eut lieu à Séchilienne en 1825, suivi du mariage religieux à Corps en 1834 seulement. Au moment de l’apparition, en 1846, la famille comptait neuf enfants.

Regards croisés d’enfants ?
Où en était la famille au point de vue religieux ?
En 1912, l’abbé Millon, chapelain du sanctuaire, interrogea Eugène Calvat, frère de Mélanie, de cinq ans son cadet. Eugène parla d’une mère assez pieuse, femme d’intérieur et d’ordre, tandis que le père allait volontiers au cabaret le dimanche et se montrait parfois dur avec les enfants. D’après certains récits laissés par Mélanie, la mère se serait montrée très dure et cruelle avec elle, tandis que le père montrait de la piété.
Que signifiait pour Mélanie ce type de récits ?
Elle y parle de Jésus comme d’un « petit frère ». Dans l’apparition, c’est en sauveur crucifié que Marie lui montre son fils. Ces récits sur son enfance, sont-ils des rêveries, ou de réels souvenirs autobiographiques ? Connaissant le caractère fermé de Mélanie, on peut difficilement croire qu’elle se soit racontée à ce point.

Précarités et misère
Si chez Maximin, c’était la pauvreté, chez Mélanie c’était la misère.
Encore au printemps de 1847, on vit une de ses sœurs mendier dans les rues de Corps. Le père n’avait pas de métier fixe. Les actes d’état-civil lui donnent tantôt la qualité de journalier ou de cultivateur, tantôt celle de scieur de long. Lors de son décès en 1867, il est ouvrier maçon. Comme il boit, sa femme finit par le quitter et va à Marseille, où Mélanie résidera elle aussi plusieurs années, à partir de 1860. En 1885, elle la rejoint à Cannes. Toutes deux s’établissent bientôt au Cannet, tout proche. Mélanie reste auprès de sa vieille mère jusqu’au décès de celle-ci en 1889. Avec la famille de Mélanie, on a donc affaire à de très pauvres gens. Elle était représentative du prolétariat mi-urbain mi-campagnard, nombreux à l’époque, vers lequel la Vierge de la Salette tournait son regard de mère, lorsqu’elle dit à Maximin et à Mélanie : « Faites-le passer à tout mon peuple ».

P. Jean Stern ms

« Le sacrifice que j’aime, dit le Seigneur, c’est de faire droit au malheureux, à la veuve et à l’orphelin » (Proverbes 21).

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